Interview Mickaël Robert
Novum TecH

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Mickaël Robert
Président de Novum TecH

Le territoire est très attractif, ne serait-ce qu’en raison du cadre de vie qu’il propose. Il est donc plus aisé de faire venir et conserver les talents. Par ailleurs, la richesse du tissu économique local est un facteur clé de notre réussite …
Nous développons et produisons dans nos locaux en Isère des packs batteries Li-ion allant de 48 V à 800 V pour une capacité comprise entre 4 kWh et 450 kWh. Leur conception robuste, à coût maîtrisé, les rends adaptés à tous types de marchés.

Novum Tech apporte des solutions pour électrifier tous types de véhicules, pouvez-vous nous expliquer votre positionnement sur la mobilité décarbonée ?

Novum Tech a été créée en 2020 par 4 fondateurs. Il y avait une forte demande d’acteurs industriels pour décarboner leurs marchés. Cette demande ne trouvait pas de réponse.

Nous sommes spécialisés dans les solutions pour électrifier tous types d’engins, en première monte ou seconde monte. Nous concevons, produisons et commercialisons des packs batteries Li-ion, ainsi que des systèmes d’électrification complets (batteries, groupe motopropulseur, calculateurs de gestion et auxiliaires).
Avec une expérience significative dans le domaine de l’électrification sur tous types d’engins, industriels ou routiers, faible ou forte puissance, nous proposons une gamme de solutions techniques parfaitement adaptée aux besoins du marché (véhicules routiers, engins TP, véhicules agricoles…) Notre gamme de solutions permet de répondre aux besoins allant du pack batterie jusqu’à la fourniture de l’ensemble du système énergétique du véhicule.

Nous développons et produisons dans nos locaux en Isère des packs batteries Li-ion allant de 48 V à 800 V pour une capacité comprise entre 4 kWh et 450 kWh. Leur conception robuste, à coût maîtrisé, les rends adaptés à tous types de marchés. Un système de thermalisation avancé assure un haut niveau de sécurité et des conditions d’utilisation élargies. Notre solution de gestion BMS développée par nos équipes offre une maîtrise complète du système, augmentant encore plus la durée de vie et la sécurité de nos batteries.

Nous proposons une gamme complète de systèmes d’électrification adaptés aux enjeux actuels du marché. Ces solutions nous permettent d’adresser une large gamme d’applications, de petits engins  aux gros véhicules industriels (mini-pelles, véhicules routiers, camions, engins agricoles…). Ces solutions sont composées de plusieurs briques technologiques assemblées entre elles pour fournir en série un produit fini, Plug’n’Play et à moindre coût pour nos clients.

 

Quels sont les domaines d’application et quels sont les marchés visés ?

Nos marchés sont principalement ceux des engins TP, des véhicules industriels, des engins agricoles, des véhicules routiers lourds.

Nous avons électrifié avec Valéo des milliers de triporteurs en Inde, un 4×4 Defendeur, des tracteurs de vignes et des porteurs lourds Renault pour la distribution urbaine. A notre compte aussi, l’électrification de pelles de plus gros tonnage comme celle Elhyte de Vincent Robin et une Caterpillar de 25 tonnes.

 

Vous avez décidé de fabriquer plutôt que d’être fabless : quelles sont les raisons de ce choix ?

L’enjeu est de maitriser le process et d’offrir un produit différenciant. Cela permet de mieux maitriser notre chaîne de production, d’éviter des coûts de transport trop importants, et de ne pas être soumis aux aléas de fournisseurs éloignés. Dans cette perspective, nous favorisons des fournisseurs locaux.
D’où le souhait de nous industrialiser. Dans ce cadre, nous allons construire un bâtiment de 4 920 m² sur la ZAE de Moulin Vieux à Pontcharra. Nous souhaitons emménager en 2025.

 

Quels sont les principaux enjeux pour cette phase d’industrialisation ?

Les conditions de réussite opérationnelle de notre projet d’industrialisation sont le niveau de performance et le coût sur le marché.

Nous avons des enjeux de structuration et de montée en gamme. Nous recrutons notamment des opérateurs de production, des techniciens méthodes industrielles… mais nous rencontrons des difficultés à recruter. Nous sommes employons actuellement 20 personnes, et souhaitons recruter 30 personnes (d’opérateurs à ingénieurs) dans les 3 ans à venir.

Concernant nos achats, nous essayons de sourcer en local quand c’est possible, notamment la mécanique, la tôlerie, les cartes électroniques…
Nous avons identifié deux principaux challenges :
1) être en mesure de nous staffer suffisamment pour répondre à la demande ;
2) être attentif à notre financement pour répondre à notre besoin en fonds de roulement.

 

Comment financez-vous cette étape ?

Kubota, leader mondial dans la conception, la construction et la distribution des machines agricoles est d’ailleurs entré au capital de Novum dans sa dernière levée de fond (4M€). Plus globalement, dans une stratégie privilégiant le réemploi, Kubota sort en partenariat avec Novum Tech le premier kit d’électrification du marché pour rétrofiter une mini-pelle d’occasion et lui donner une deuxième vie électrique décarbonée. Par ailleurs, nous veillons à un équilibre, dans notre financement, entre corporate et secteur bancaire.

 

Pourquoi avez-vous fait le choix d’industrialiser sur la région grenobloise ?

Notre territoire est très attractif, ne serait-ce qu’en raison du cadre de vie qu’il propose. Il est donc plus aisé de faire venir et conserver les talents.
Par ailleurs, la richesse du tissu économique local est un facteur clé de notre réussite. La qualité de la main d’œuvre est importante également : notre territoire est un vrai réservoir de compétences.